Le long-métrage écrit par Sabrina B. Karine & Alice Vial – Groupe Ouest 2011 – poursuit son chemin en salles

Le 10 février 2016 sortait sur les écrans français Les Innocentes, un film écrit par Sabrina B. Karine & Alice Vial, et réalisé par Anne Fontaine. Le récit, inspiré d’une histoire vraie, débute en Pologne en 1945 : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une infirmière de la Croix-Rouge française découvre que dans un couvent des environs de Varsovie, une trentaine de nonnes s’apprêtent à accoucher, violées par des soldats russes…

Ce film, c’est une sorte de conte de fées pour les deux jeunes scénaristes Alice & Sabrina : repérées au Festival international des scénaristes en 2011, le Groupe Ouest leur remet un prix et elles sont invitées quinze jours plus tard à la Sélection Annuelle du Groupe Ouest. Au programme, main dans la main avec un groupe de six auteurs, quatre sessions de coaching d’écriture en résidence à Brignogan-Plages, Nord-Finistère, sur leur projet de long-métrage : Les Innocentes alors appelé Au nom de la mère.

Deux mois après sa sortie, Les Innocentes a réuni près de 700 000 spectateurs dans les salles ! Il est programmé mi-avril au Festival du film français de Colcoa à Los Angeles. Le conte de fée se poursuit donc…


Q&R avec Alice et Sabrina :

Que vous a apporté la Sélection Annuelle du Groupe Ouest ?

La résidence au Groupe Ouest nous a dans un premier temps, permis de nous couper du monde et de la vie parisienne. Quand on fait ce métier, l’imagination et la réflexion sont toujours favorisées par le calme, la nature, le fait de prendre du temps pour soi. Le fait que nos téléphones ne captent pas par exemple était en fait, avouons-le, un vrai bonheur ! Pour ce qui est de l’organisation de la résidence, elle favorise le collectif à plusieurs niveaux. Entre les auteurs, nous devions faire des retours chacun, analyser les textes. Nous avons appris à prendre du recul sur les projets pour mieux les faire avancer. Il y avait aussi un partage avec les habitants du village. Tout le monde était au courant de l’histoire que nous racontions, nous en parlions au Café du Port avec des gens du village, ils suivaient l’évolution du projet. Ça permet au film d’exister au-delà du scénario, ça nous aide à ressentir les futures réactions des spectateurs. Ce qui les touche….

Comment est-ce que le projet est arrivé dans les mains d’Anne Fontaine ?

Ce sont les producteurs Eric et Nicolas (Mandarin Cinéma) qui sont allés voir Anne Fontaine lors du Festival de Cannes 2013, avec un traitement que nous venions de terminer au TorinoFilmLab. Elle a montré de l’intérêt pour le projet mais ça n’est que quelques mois plus tard, alors que nous venions de rendre une deuxième version dialoguée, qu’elle a officialisé son rôle sur le projet. Nous avons alors commencé à travailler sur une nouvelle version ensemble.

Le film a été sélectionné au Sundance, chose rare : il était le premier film européen depuis 2003 à figurer parmi les révélations 2016 montrées en avant-premières mondiales…

Quand nous avons appris la nouvelle pour Sundance, nous avons trouvé ça incroyable. Sundance est un festival très particulier pour nous, non seulement ça donne une très belle visibilité pour le film en Amérique, mais c’est avant tout un festival qui met en avant le cinéma indépendant, ils choisissent des films courageux, exigeants, non formatés, avec une vraie vision. C’est un peu la résistance du cinéma américain ! C’est donc pour nous un honneur d’y avoir été sélectionné. Surtout dans la catégorie Première, qui montre qu’ils ont vraiment eu un coup de cœur pour le projet car ça faisait plus de 15 ans qu’ils n’avaient pas pris de film français !