Sélection Annuelle 2021

Un cinéma du réveil !Les auteurs-lauréats de la Sélection Annuelle 2021 du Groupe Ouest

Comme un signe d’une évolution profonde à l’œuvre, la Sélection Annuelle 2021 du Groupe Ouest dresse le portrait d’un monde traversé par des lignes de failles qu’il nous faut prendre à pleines mains. Les auteur.e.s et les projets sélectionné.e.s cette année dessinent un cinéma du réveil !

Les migrations esquissent des motifs intimement mêlés à nos vies, pour Marie Le Floc’h, ou génèrent des poursuites relevant du film d’espionnage dans nos rues chez Jonathan Millet. Les slogans d’une écologie nécessaire pénètrent même dans les banlieues, avec l’humour et l’humanité de Khalil Cherti, pendant que Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti remettent la Turquie d’aujourd’hui au centre des combats pour l’appartenance. Dans cette prise en main du monde tel qu’il devient, un duo de frères – Simon Dara & Julien Dara – fait d’une mère l’héroïne d’un combat à mains nues dans le grand nord canadien. Martin Soudan tissera et retissera le temps long de la fraternité. Et puis au nom de la lutte nécessaire pour mettre fin au règne des combats de coqs, la belgo-américaine Bérangère Mc Neese tentera un monde où des femmes réinventent la vie, tandis que Marina Ziolkowski nous embarquera dans une reconquête des possibles via un road movie à deux voix.

Tou.tes ont montré via leurs films précédents, courts, longs ou documentaires, qu’ils et elles en ont sous la pédale. Et pendant toute l’année 2021, un quartet d’accoucheurs-consultants – forts en activités viscérales – vont les aider à creuser, disséquer, construire force et sens : Marcel Beaulieu sera aux manettes du processus de mise sur orbite, et il sera de semaine en semaine accompagné des consultant.es et auteur.es Atiq Rahimi, Claire Barré et Pierre Hodgson.

Les auteur.es-lauréat.es et leur projet

ZINEB, de Khalil Cherti

ZINEB vit dans une cité HLM. Il y a trois ans sa mère décède. ZINEB a 32 ans, pas de mec, pas de CDI, pas mal de dettes et un père ex taulard qu’elle refuse de revoir. Elle a surtout à sa charge sa mamie ayant pour nouvelle lubie de remplacer le parking en bas de leur bâtiment en potager pour y être enterrée. Quant à son petit frère, il calme ses accès de violence en réalisant des vidéos gore.
ZINEB ne rêve que d’une chose : se barrer ! Et pour ça, elle a une idée : l’isolation à 1 euro… enfin l’arnaque de l’isolation à 1 euro. Et elle connait le margoulin parfait pour l’aider à monter ça : son père.
Mais une fois lancée, ZINEB est débordée : son arnaque se transforme en entreprise écologique qui se propage dans toute sa cité. Pour la première fois ZINEB se sent fière d’elle. Elle envisage même de rester. Mais il en va du sort de ZINEB ou de sa famille comme celui de la planète : pour en prendre soin et la réinventer, le plus profond à apaiser ce sont les ratés et les manques du passé.

Portrait de Khalil ChertiAuteur réalisateur autodidacte, Khalil Cherti a appris son métier en tournant des films institutionnels, des publicités et des bandes annonces qui remportent des prix dans festivals internationaux tel que le Promax BDA Awards. En 2009 il réalise et autoproduit son premier moyen-métrage « La Grande Muraille de Qin » (sélectionnée au festival de Clermont, prix de la qualité du CNC…). En 2011 il réalise une web série « Lolicats » qui remporte le prix de la meilleure web série au festival de la fiction de la Rochelle. En 2014, son second moyen-métrage « D’où que vienne la douleur » – produit par Kazak Productions – tourne dans de nombreux festivals dont le festival international de Locarno, de Clermont-Ferrand où il remporte une mention spéciale, et de nombreux prix ailleurs. Actuellement il est en financement de son nouveau moyen-métrage « Nul Homme n’est une île » produit par Qui Vive !

My Road, de Julien & Simon Dara

À cinquante ans, Céline est cheffe garde-barrière d’une route de glace du Grand Nord canadien. Mariée à David et mère de deux enfants, elle tient sa famille à bout de bras. Sans le savoir, l’arrivée d’une nouvelle amie va bouleverser sa vie.

Portrait de Simon et Julien DaraJulien Dara est belge né en 1987 à Londres. Après un baccalauréat littéraire et deux années d’études à l’INSAS (Bruxelles), il travaille comme assistant monteur durant deux ans pour Bonne Pioche télévision. Il fait ensuite la rencontre du réalisateur Tony Gatlif dont il devient l’assistant personnel pendant quatre années. Il commence à ce moment-là à travailler comme assistant réalisateur, d’abord sur les films de Tony Gatlif puis sur d’autres long-métrages. Après « Le Sac » son premier court-métrage, il coréalise « The Ordinary » avec son frère Simon puis « La Couleur des Rois ».

Simon Dara est belge né en 1985 à Londres. Après un baccalauréat littéraire et des études en arts appliqués entamées à Paris, il part poursuivre son cycle d’études artistiques au Falmouth University College en Cornouailles où il obtient un Bachelor en fine art. Il conclut son parcours universitaire au Royal college of Art de Londres dont il sort diplômé en 2010 avec un Master en communication visuelle. Aujourd’hui il travaille en qualité de graphiste et directeur artistique indépendant pour différentes institutions culturelles. En 2015, il coréalise avec son frère Julien « The Ordinary » son premier court-métrage. Suivra en 2020, « La Couleur des Rois », leur deuxième court-métrage.

Les Exilés meurent aussi d’amour, de Marie Le floc'h

Wael est exilé à Lorient avec Reem, sa fille de 15 ans, depuis l’arrestation et l’emprisonnement de Sousan, sa femme, une grande actrice très engagée dans la révolution syrienne. Fileteur au port de Keroman, sa vie est malgré tout restée en suspens, car pendant ces six années, il n’a reculé devant rien pour la retrouver. Lorsqu’il y parvient enfin, c’est comme s’il s’agissait de sa propre libération. Mais dans ce Lorient trop calme pour elle et ce quotidien aux antipodes de l’idéal brûlant qu’elle a porté pendant des années, et qui aura marqué autant son âme que son corps, Sousan doit faire face à une perte de sens et de statut. Bien plus qu’un tiraillement entre une vie de famille pour laquelle elle porte une tendresse évidente et sa cause, elle ne retrouve pas son « âme » dans ce quotidien là. Wael, face à une possible séparation avec une femme autour de laquelle il aura reconstruit son identité, s’agrippe, avec toutes les armes qu’il a.

Portrait de Marie Le Floc'hAprès une licence d’Histoire et de sciences politiques Marie Le floc’h entre à l’I.A.D, section réalisation, en Belgique. Elle y réalise deux courts remarqués, ELENA et LES HERBES BRUISSENT ENCORE, qui remportent chacun plusieurs prix en festivals.
À la sortie de l’école, elle travaille sur plusieurs tournages en assistanat mise en scène et casting sauvage.

En parallèle, l’envie de retourner dans la ville de ses origines pour y faire un film l’amène à faire plusieurs petits boulots, notamment dans une usine à poisson à Lorient, et dans un C.A.D.A, des expériences qui seront le point de départ de son dernier court-métrage, JE SERAI PARMI LES AMANDIERS, notamment sélectionné à Rotterdam, Clermont Ferrand, Palm Spring, et qui remporte, entre autres, le Grand Prix au Cinemed.

Elle travaille actuellement à l’écriture de son premier long-métrage.

Filles du ciel, de Bérangère Mc Neese

Héloïse a 15 ans et fuit une relation abusive avec un homme plus âgé. Une nuit, elle se retrouve seule dans une ville qui n’est pas la sienne, et n’a nulle part où aller. Elle fait la rencontre de Nora, qui la ramène chez elle, où elle vit déjà avec sa fille et deux autres jeunes femmes. Elles se sont créé des règles pour cette communauté, tant pratiques qu’idéologiques, qu’Héloïse apprend. Elles forment une tribu, où tout est partagé, et se protègent les unes les autres. Mais l’omerta sur leurs blessures passées pèse de plus en plus lourd sur ces femmes si solides, et pourtant si fragiles.

Portrait de Bérangère Mc NeeseBérangère Mc Neese est comédienne, scénariste et réalisatrice. Belge et Américaine, Bérangère Mc Neese débute très tôt sur les plateaux de court-métrages et de publicités, puis de long-métrages (« Eyjafjallajokull » ou « Belle comme la femme d’un autre »). Elle est la voix de plusieurs personnages d’animation. Elle joue l’un des rôles principaux du téléfilm « Le Viol » d’Alain Tasma (France 3) ainsi que dans les séries « Like Moi » (France 4), ou « Le Roi de la Vanne » (Canal +). Elle joue dans les derniers long-métrages de Cécilia Rouaud, Pascal Elbé et de François Pirot, ainsi que dans la série « Braqueurs » pour Netflix, « HPI » pour TF1, « Fils de » pour la RTBF, et « Des Gens Bien » pour Arte.

Elle réalise son premier court-métrage, « Le Sommeil des amazones » en 2015, son deuxième « Les Corps Purs », sort en 2017 et est multiprimé.
« Matriochkas », son dernier court, remporte le Magritte du Cinéma, le Grand Prix à Palm Springs, et le Prix de la Meilleure Réalisation à Rhode Island, entre autres, avec des diffusions Arte, TV5 Monde et RTBF.

Les Fantômes, de Jonathan Millet

Hamid fait partie d’un groupe de citoyens syriens qui ont tout quitté pour traquer les criminels de guerre. Ils écument l’Europe a la recherche des responsables du régime en fuite. Contre l’avis du groupe, Hamid suit seul à Strasbourg la piste d’Harfaz, son ancien bourreau.

Portrait de Jonathan MilletAprès des études de philosophie, Jonathan Millet part plusieurs années filmer seul des régions reculées du monde pour des banques de données d’images. Il réalise ensuite six court-métrages de fiction (dont « Et Toujours Nous Marcherons » sélectionné aux César 2018 et « La Veillée », moyen-métrage sorti en salles en 2018).

En parallèle, il travaille en documentaire des questions de territoire et de solitude (« Ceuta, douce prison » sorti en salles en 2014, « Dernières Nouvelles des Étoiles » tourné en Antarctique, 2017, et « La Disparition », tourné en Amazonie, 2021).

Jonathan développe actuellement son premier long-métrage de fiction.

Quatre Août, de Martin Soudan

Une grande maison au bord de la mer. Chaque année, c’est là que se retrouve la famille Beaumont pour le mois d’août. Une maison de vacances qui traverse le temps, scène de théâtre où se joue la vie d’une famille, durant quatre étés, entre 1996 et 2030.
Nous vivons ces quatre étés à travers les yeux de Timothée, un enfant discret mais très observateur et sensible, et de Chiara, une amie de sa mère qui viendra chaque année partager les vacances de cette famille. Ensemble, ils vont tisser un lien particulier, imperceptible par les autres et qui leur permettra, à l’un comme à l’autre, d’avancer dans leur vie.

Portrait de Martin SoudanNé de parents Français, j’ai grandi à Bruxelles avant de venir étudier à Paris.
Au cours de mes études en sciences politiques, j’ai pu vivre à Montréal, à Beyrouth, puis à Londres et Barcelone.

J’ai découvert l’envers de l’écran de cinéma comme stagiaire chez Mandarin Cinéma puis aux ventes internationales chez Wild Bunch. J’ai poursuivi mon parcours en distribution et production chez Pathé Films puis Full House (label de Borsalino Productions et Maneki Films) et enfin SND.

Aujourd’hui, j’accompagne des scénaristes dans l’écriture de leurs projets de séries. Lecteur et cinéphile, j’ai toujours aimé écrire mais c’est en 2020 que je franchis le pas en écrivant et réalisant mon premier court-métrage « Bons Amis », sélectionné dans une dizaine de festivals et récompensé du prix du diffuseur dans le cadre du 19e Prix UniFrance du court-métrage.

Chen & Gan, de Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti

Istanbul, de nos jours. Roman, chef Rom de 35 ans, marie sa sœur Elmas, 16 ans, pour sauver sa communauté de la destruction imminente de leur quartier. Mais Elmas fuit son mariage et se retrouve, guidée par un brouillard mystérieux, dans un refuge pour femmes sur une île du Bosphore, tenu par Anka, 32 ans, une femme austère et secrète.
C’est ainsi que les chemins de Roman et d’Anka se croisent, et que chacun reconnaît son amour d’adolescence… Un amour unique, libre, affranchi des traditions, mais happé en plein vol par une trahison mutuelle irrémédiable. Du moins, c’est ce qu’ils croyaient…
Bouleversés par les révélations du passé, et encouragés par des présages faisant écho à la légende indienne de Chen & Gan, couple qui avait bravé les obstacles pour créer le peuple « Chen-Gan » devenu « Tzigane », Roman et Anka pourront-ils transcender leurs limites et laisser leur amour renaître de ses cendres ?

Portrait de Çağla Zencirci et Guillaume GiovanettiCouple franco-turc, Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti coréalisent des films, et aussi la vie, depuis 2004. Après plusieurs courts (sélectionnés à Berlin, Locarno, Clermont-Ferrand, etc.) et un long-métrage, « Noor » (Pakistan, 2012 / Cannes Acid), « Sibel », leur second long-métrage, a fait sa première en compétition internationale à Locarno en 2018, où il a reçu 3 Prix. Le film a ensuite été sélectionné à une centaine de festivals et reçu plus de 40 Prix. Il est sorti en salles en 2019 avec succès dans plusieurs pays (France, Turquie, Allemagne, États-Unis, etc.), faisant plus de 200.000 entrées au total. Finaliste des Golden Globes et des European Film Awards, le film a été acheté par Canal +, Ciné +, OCS et Arte en France, et par HBO en Europe.

Le duo travaille actuellement sur son 4e long-métrage, « Chen & Gan », se déroulant sur une île du Bosphore et un quartier Rom d’Istanbul.

Un scénario de Çağla Zencirci, Guillaume Giovanetti et Delphine Agut (co-scénariste).

Destination Rose Bonbon, de Marina Ziolkowski

Alice (22 ans) est une battante qui fait tout pour se sortir de son milieu modeste, mais de terribles douleurs physiques inexplicables viennent arrêter brusquement ses ambitions. Incomprise de tous et au plus mal, elle se retrouve embarquée dans un road-trip rocambolesque avec la fantasque Gina, une « jeune » artiste de 62 ans en route vers l’Italie.

Portrait de Marina ZiolkowskiFille et petite-fille de scénaristes américains, Marina Ziolkowski apprend très tôt à raconter des histoires. Elle étudie le théâtre et réalise des vidéos expérimentales. Franco – Américaine, Marina tourne à Los Angeles son premier court-métrage « But You Look So Good » qui remporte plusieurs prix. De retour en France, elle réalise « 19 » sélectionné pour le César du Meilleur Court-Métrage 2021. Elle termine son troisième court-métrage « Extra Large » un conte de fée déjanté, avec le soutien de Canal+. Marina aborde des sujets difficiles à travers des personnages féminins forts, toujours avec une dose d’humour.

Elle travaille actuellement sur l’écriture de son premier long-métrage.

Une Sélection composée par…

Jury de pré-sélection

Jérémy Bernard – Auteur-réalisateur / Sélection Annuelle 2020
Olivier Bitoun – Réseau salles Cinéphare
Léna Jaffré – Assistante mise en scène
Blandine Jet – Scénariste / Sélection Annuelle 2017
Carole Lambert – Productrice / Windy Production
Antoine Lareyre – Courts en Betton / Festival du Film de l’Ouest
Nicolas Leborgne – Auteur-réalisateur / Sélection Annuelle 2019
Charlotte Le Vallégant – Le Groupe Ouest
Bénédicte Mellac – Le Groupe Ouest
Christelle Molina – INA Loire Bretagne
Loïc Nicoloff – Auteur-réalisateur
Julien Pareja – AFCA / Festival National du Film d’Animation
Christian Ryo – Festival de Cinéma de Douarnenez
Pauline Seigland – Productrice / Les Films Grand Huit

Jury final

Chloé Ansquer / Coordination – Le Groupe Ouest
Eric Geay – Responsable Développement et Production / SND Films
Antoine Le Bos – Codirection / Le Groupe Ouest
Charlotte Le Vallégant – Codirection / Le Groupe Ouest
Nicolas Peufaillit – Scénariste
Marie-Pierre Vallé – Responsable des Acquisitions / Wild Bunch