Image du film Dégradé et affiche de la Semaine de la Critique de Cannes 2015

Dégradé, une aventure palestinienne aux accents bretons…

A Rennes, ces derniers mois, avait lieu la post-production du film des phénomènes palestiniens Tarzan et Arab Abu Nasser, en compétition à la Semaine de la Critique.

Pourquoi Rennes ?

Parce qu’en Bretagne en ce moment, se construit une expérience singulière : sur les plages du Finistère, d’abord, au Groupe Ouest, ont été accompagnés en résidence en 2014 quelques 84 auteurs de long-métrages issus de 20 pays. Premier lieu en Europe désormais. En 2014 précisément, Tarzan et Arab étaient aidés en phase d’écriture par l’un des consultants du Groupe Ouest. Et peu de temps après, la Région Bretagne ouvrait ses financements d’aide à la production à des collaborations à l’international de producteurs bretons. Au même moment, le Groupe Ouest, Film Lab basé en Finistère et créé en 2006, lance l’expérience du Breizh Film Fund (BFF), le premier fonds privé issu d’une région capable de cofinancer le cinéma indépendant émergent via un Fonds de Dotation alimenté par des entreprises bretonnes. Aux côtés du Groupe Ouest dans cette aventure : la Région Bretagne et le Crédit Agricole du Finistère.

Et pour la première fois à l’automne 2014, la Région Bretagne et le Breizh Film Fund, mix inédit public-privé, cofinancent à part égale la post-production de Dégradé, faisant entrer le producteur breton Gilles Padovani (.Mille et Une. Films) dans l’aventure des frères Abu Nasser en qualité de coproducteur. Là-encore, une nouveauté est apparue en Bretagne : des infrastructures et des compétences de haut niveau en post-production, des habitués du long-métrage, en particulier AGM Factory, structure rennaise chez qui la quasi-totalité de la postproduction de Dégradé a eu lieu.

Et l’aventure ne fait que commencer pour la Bretagne : le Breizh Film Fund est entré avec la Région dans le financement de Louise en hiver, prochain long-métrage d’animation de Jean-François Laguionie, fabriqué à 80% en Bretagne et coproduit par Arte, ou plus récemment dans le très attendu prochain long-métrage de l’argentin Pablo Aguero, Eva no duerme. Le BFF est aussi au cœur d’une expérience nouvelle en soutien logistique et financier à la distribution en Bretagne pour Melody, du belge Bernard Bellefroid, sorti en salles en France le 6 mai.

En ces temps de rétrécissement des budgets pour le cinéma indépendant, la Bretagne ouvre un espace d’expérimentation et de nouvelles perspectives. Le Groupe Ouest a créé notamment avec l’Angleterre le Cross Channel Film Lab, plateforme internationale de développement et d’essais pour projets de films à budgets limités utilisant les nouvelles technologies de l’image. Et du 4 au 9 mai 2015, a démarré à Bucarest la première session de LIM – Less Is More – initiative née au Groupe Ouest fédérant plusieurs pays d’Europe pour accompagner l’écriture de cinéastes émergents pour des projets de long-métrages micro-budget. Objectif : faire de la contrainte une impulsion créative stimulante.

A l’ouest, il y a du nouveau, on vous dit !