Les auteurs-lauréats de la Sélection Annuelle 2021 du Groupe Ouest

Un cinéma du réveil !

Le 31 mars 2021

Comme un signe d’une évolution profonde à l’œuvre, la Sélection Annuelle 2021 du Groupe Ouest dresse le portrait d’un monde traversé par des lignes de failles qu’il nous faut prendre à pleines mains. Les auteur.es et les projets sélectionné.es cette année dessinent un cinéma du réveil !

Les migrations esquissent des motifs intimement mêlés à nos vies, pour Marie Le Floc’h, ou génèrent des poursuites relevant du film d’espionnage dans nos rues chez Jonathan Millet. Les slogans d’une écologie nécessaire pénètrent même dans les banlieues les plus récalcitrantes, avec l’humour et l’humanité de Khalil Cherti, pendant que Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti remettent la Turquie d’aujourd’hui au centre des combats pour l’appartenance. Dans cette prise en main du monde tel qu’il devient, un duo de frères – Simon & Julien Dara – fait d’une mère l’héroïne d’un combat à mains nues dans le grand nord canadien. Martin Soudan tissera et retissera le temps long de la fraternité. Et puis au nom de la lutte nécessaire pour mettre fin au règne des combats de coqs, la belgo-américaine Bérangère Mc Neese tentera un monde où des femmes réinventent la vie, tandis que Marina Ziolkowski, dans un binôme d’auteures avec sa mère, Luli Barzman, scénariste américaine, nous embarquera dans une reconquête des possibles via un road movie à deux voix.

Tou.tes ont montré via leurs films précédents, courts, longs ou documentaires, qu’ils et elles en ont sous la pédale. Et pendant toute l’année 2021, un quartet d’accoucheurs-consultants – forts en activités viscérales – vont les aider à creuser, disséquer, construire force et sens : Marcel Beaulieu sera aux manettes du processus de mise sur orbite, et il sera de semaine en semaine accompagné des consultant.es et auteur.es Atiq Rahimi, Claire Barré et Pierre Hodgson.

En avant toute !

Une Sélection composée par...

JURY DE PRÉ-SÉLECTION
Jérémy Bernard – Auteur-réalisateur / Sélection Annuelle 2020
Olivier Bitoun – Réseau salles Cinéphare
Léna Jaffré – Assistante mise en scène
Blandine Jet – Scénariste / Sélection Annuelle 2017
Carole Lambert – Productrice / Windy Production
Antoine Lareyre – Courts en Betton / Festival du Film de l’Ouest
Nicolas Leborgne – Auteur-réalisateur / Sélection Annuelle 2019
Charlotte Le Vallégant – Le Groupe Ouest
Bénédicte Mellac – Le Groupe Ouest
Christelle Molina – INA Loire Bretagne
Loïc Nicoloff – Auteur-réalisateur
Julien Pareja – AFCA / Festival National du Film d’Animation
Christian Ryo – Festival de Cinéma de Douarnenez
Pauline Seigland – Productrice / Les Films Grand Huit

JURY FINAL
Chloé Ansquer / Coordination – Le Groupe Ouest
Eric Geay – Responsable Développement et Production / SND Films
Antoine Le Bos – Codirection / Le Groupe Ouest
Charlotte Le Vallégant – Codirection / Le Groupe Ouest
Nicolas Peufaillit – Scénariste
Marie-Pierre Vallé – Responsable des Acquisitions / Wild Bunch

Les auteur.es-lauréat.es et leur projet

ZINEB, Reine du désastre, de Khalil Cherti

Alors qu’elle a vu son père l’abandonner elle, sa famille et sa cité natale, une chargée de com en CDD à la mairie, met le feu accidentellement à l’immeuble délabré dans lequel elle a grandi et qui devait être rénové en centre commercial. Pour réparer sa faute et sauver son quartier, elle décide de tout faire pour réinventer ce lieu comme on reconstruit son chez soi. En chemin, des militants écologiques dont son père fait maintenant partie, pourraient finalement lui servir à éviter le pire. Mais voir son père et les écolos arriver dans sa cité, c’est comme une réunion de famille, ça n’est jamais sans risque.

Portrait de Khalil ChertiAuteur réalisateur autodidacte, Khalil Cherti a appris son métier en tournant des films institutionnels, des publicités et des bandes annonces. En 2009 il réalise et autoproduit son premier moyen-métrage « La Grande Muraille de Qin » (sélectionnée au festival de Clermont, prix de la qualité du CNC, etc…). En 2011 il réalise une web série « Lolicats » qui remporte le prix de la meilleure web série au festival de la fiction de la Rochelle. En 2014, son second moyen-métrage « D’où que vienne la douleur » – produit par Kazak Production – tourne dans de nombreux festivals dont le festival international de Locarno, de Clermont-Ferrand où il remporte une mention spéciale, et de nombreux prix ailleurs. Ses publicités et ses bandes annonces ont également remporté des prix dans festivals internationaux tel que le Promax BDA Awards.

My Road, de Julien & Simon Dara

À cinquante ans, Céline est cheffe garde-barrière d’une route de glace du Grand Nord canadien. Mariée à David et mère de deux enfants, elle tient sa famille à bout de bras. Sans le savoir, l’arrivée d’une nouvelle amie va bouleverser sa vie.

Portrait de Simon et Julien DaraJulien Dara est belge né en 1987 à Londres. Après un baccalauréat littéraire et deux années d’études à l’INSAS (Bruxelles), il travaille comme assistant monteur durant deux ans pour Bonne Pioche télévision. Il fait ensuite la rencontre du réalisateur Tony Gatlif dont il devient l’assistant personnel pendant quatre années. Il commence à ce moment-là à travailler comme assistant réalisateur, d’abord sur les films de Tony Gatlif puis sur d’autres long-métrages. Après « Le Sac » son premier court-métrage, il coréalise « The Ordinary » avec son frère Simon puis « La Couleur des Rois ».

Simon Dara est belge né en 1985 à Londres. Après un baccalauréat littéraire et des études en arts appliqués entamées à Paris, il part poursuivre son cycle d’études artistiques au Falmouth University College en Cornouailles où il obtient un Bachelor en fine art. Il conclut son parcours universitaire au Royal college of Art de Londres dont il sort diplômé en 2010 avec un Master en communication visuelle. Aujourd’hui il travaille en qualité de graphiste et directeur artistique indépendant pour différentes institutions culturelles. En 2015, il coréalise avec son frère Julien « The Ordinary » son premier court-métrage. Suivra en 2020, « La Couleur des Rois », leur deuxième court-métrage.

Les Exilés meurent aussi d’amour, de Marie Le Floc'h

Sousan et sa fille Rim sont exilées en France, depuis l’arrestation et l’emprisonnement de Jawad pendant la révolution syrienne, lors d’une des manifestations de 2011. Elles ont tenté de reconstruire leur vie durant ces sept années. Leur fragile équilibre bascule le jour où elles apprennent sa libération, alors que l’une et l’autre avaient tenté d’enfouir nombre de questions restées sans réponse. Le retour de cet homme, brisé par un traumatisme indicible, va profondément les bouleverser et les pousser à affronter leurs propres difficultés à vivre jusqu’à leur possible résilience.

Portrait de Marie Le Floc'hAprès une licence d’Histoire et de sciences politiques Marie Le Floc’h entre à l’I.A.D, section réalisation, en Belgique. Elle y réalise deux courts remarqués, ELENA et LES HERBES BRUISSENT ENCORE, qui remportent chacun plusieurs prix en festivals.
À la sortie de l’école, elle travaille sur plusieurs tournages en assistanat mise en scène et casting sauvage.

En parallèle, l’envie de retourner dans la ville de ses origines pour y faire un film l’amène à faire plusieurs petits boulots, notamment dans une usine à poisson à Lorient, et dans un C.A.D.A, des expériences qui seront le point de départ de son dernier court-métrage, JE SERAI PARMI LES AMANDIERS, notamment sélectionné à Rotterdam, Clermont Ferrand, Palm Spring, et qui remporte, entre autres, le Grand Prix au Cinemed.

Elle travaille actuellement à l’écriture de son premier long-métrage.

Immaculées, de Bérangère Mc Neese

Héloïse a 17 ans et fuit une relation abusive avec un homme plus âgé. Elle rencontre Melo, jeune femme d’une trentaine d’années, au hasard des rues, et que sa gouaille sort d’un mauvais pas. Melo lui propose, alors que la nuit tombe, de dormir chez elle, où elles sont déjà quatre, quatre jeunes femmes aussi libres qu’abimées et pourtant d’apparence si solide. Le reste du monde devient leur terrain de jeu, leur adversaire. L’une d’entre elles, Nora, vit aussi avec son jeune fils. Nora fascine Héloïse, et elle le sait. Elles se sont créé des règles pour cette communauté, tant pratiques qu’idéologiques, qu’Héloïse apprend. Avec elles, Héloïse grandit. Mais Nora reste un élément destructeur, rongée elle-même par ses propres angoisses. Les blessures ont donné naissance à de la colère, mais aussi une force incommensurable.

Portrait de Bérangère Mc NeeseBérangère Mc Neese est comédienne, scénariste et réalisatrice. Belge et Américaine, elle débute sur les plateaux de court-métrages et de publicités, puis de long-métrages, tels que « Eyjafjallajokull » ou « Belle comme la femme d’un autre ». Autodidacte, elle est également la voix de plusieurs personnages d’animation. Elle joue l’un des rôles principaux du téléfilm « Le Viol » d’Alain Tasma (France 3) ainsi que dans les séries « Like Moi » (France 4), ou « Le Roi de la Vanne » (Canal +) et au cinéma dans « Photo de famille » de Cécilia Rouaud.
Elle vient d’achever les derniers long-métrages de Pascal Elbé et de François Pirot, ainsi que de la série « Braqueurs » pour Netflix, et « HPI » pour TF1, et tourne actuellement dans « Fils de », une série pour la RTBF.

Elle réalise son premier court-métrage, « Le Sommeil des amazones » en 2015. Son deuxième court, « Les Corps Purs », dans lequel elle tient l’un des rôles principaux, sort en 2017 et est multiprimé, en marge de diffusions sur Arte, TV5 Monde et RTBF. Son dernier court-métrage « Matriochkas », remporte le Magritte du Cinéma, le Grand Prix à Palm Springs, et le Prix de la Meilleure Réalisation à Rhode Island, entre autres, avec des diffusions Arte, TV5 Monde et RTBF.

Les Fantômes, de Jonathan Millet

Hamid fait partie d’un groupe de citoyens syriens ayant quitte le pays pour traquer les criminels de guerre. Ils écument l’Europe à la recherche des responsables du régime en fuite. Contre l’avis du groupe, Hamid suit seul à Strasbourg la piste d’Harfaz, son ancien bourreau. Sa quête va le replonger dans ses blessures les plus profondes et mettre en péril son rôle d’espion malgré lui.

Portrait de Jonathan MilletAprès des études de philosophie, Jonathan Millet part plusieurs années filmer seul des régions reculées du monde pour des banques de données d’images. Il réalise ensuite six court-métrages de fiction (dont « Et Toujours Nous Marcherons » sélectionné aux César 2018 et « La Veillée », moyen-métrage sorti en salles en 2018).

En parallèle, il travaille en documentaire des questions de territoire et de solitude (« Ceuta, douce prison » sorti en salles en 2014, « Dernières Nouvelles des Étoiles » tourné en Antarctique, 2017, et « La Disparition », tourné en Amazonie, 2021).

Jonathan développe actuellement son premier long-métrage de fiction.

Quatre Août, de Martin Soudan

Une grande maison au bord de la mer en Bretagne. Chaque année, c’est là que se retrouve la famille Beaumont, pour le mois d’août. Une maison qui traverse le temps, scène de théâtre où se joue la vie d’une famille, durant quatre étés, entre 1993 et 2018.
Nous vivons principalement ces quatre étés à travers les yeux de Matthieu, un enfant discret mais très observateur et sensible, et de Claire, une amie de sa mère qui viendra chaque année partager les vacances de cette famille. Ensemble, ils vont tisser un lien particulier, imperceptible par les autres et qui leur permettra, à l’un comme à l’autre, d’avancer dans leur vie.

Portrait de Martin SoudanNé de parents Français, j’ai grandi à Bruxelles avant de venir étudier à Paris.
Au cours de mes études en sciences politiques, j’ai pu vivre à Montréal, à Beyrouth, puis à Londres et Barcelone.

J’ai découvert l’envers de l’écran de cinéma comme stagiaire chez Mandarin Cinéma puis aux ventes internationales chez Wild Bunch. Puis j’ai poursuivi mon parcours en distribution et production chez Pathé Films puis Borsalino Productions.

Aujourd’hui, je travaille au développement des séries chez SND, accompagnant des scénaristes dans leurs projets de séries. Gros lecteur et fan de cinéma depuis petit, j’ai toujours aimé écrire (nouvelles, textes, scripts) mais c’est en 2020 que je franchis le pas en écrivant et réalisant mon premier court-métrage « Bons amis ».

Chen & Gan, de Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti

Istanbul, de nos jours. Roman, chef de clan Rom de 35 ans, doit retrouver Sinem, sa sœur de 17 ans qui a fui son mariage, afin d’apaiser les tensions de sa communauté. Roman croise sur son chemin Anka, ancienne athlète d’Arts Martiaux de 32 ans tenant, sur une île du Bosphore, un refuge pour femmes où Sinem s’est réfugiée. Anka a une autre vision du futur pour Sinem, en contradiction avec les plans de Roman. Quand Sinem disparaît à nouveau, Roman et Anka sont contraints de s’allier pour la retrouver. S’ils ont a priori tout pour se détester, Roman et Anka n’en tombent pas moins amoureux…
Leur parcours fera écho à la légende de Chen & Gan : il y a 2000 ans, issu de 2 castes différentes de l’Inde, ce couple dut affronter l’hostilité de leurs pairs et choisir l’exil pour vivre leur amour, créant la tribu « Chen-Gan », devenue « Tzigane »…

Portrait de Çağla Zencirci et Guillaume GiovanettiCouple franco-turc, Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti coréalisent des films, et aussi la vie, depuis 2004. Après plusieurs courts (sélectionnés à Berlin, Locarno, Clermont-Ferrand, etc.) et un long-métrage, « Noor » (Pakistan, 2012 / Cannes Acid), « Sibel », leur second long-métrage, a fait sa première en compétition internationale à Locarno en 2018, où il a reçu 3 Prix. Le film a ensuite été sélectionné à une centaine de festivals et reçu plus de 40 Prix. Il est sorti en salles en 2019 avec succès dans plusieurs pays (France, Turquie, Allemagne, États-Unis, etc.), faisant plus de 200.000 entrées au total. Finaliste des Golden Globes et des European Film Awards, le film a été acheté par Canal +, Ciné +, OCS et Arte en France, et par HBO en Europe.

Le duo travaille actuellement sur son 3e long-métrage, « Chen & Gan », se déroulant sur une île du Bosphore et un quartier Rom d’Istanbul.

Un scénario de Çağla Zencirci, Guillaume Giovanetti et Delphine Agut (co-scénariste).

Destination Rose Bonbon, de Marina Ziolkowski, co-écrit avec Luli Barzman

Alice (22 ans) et Gina (62 ans) sont voisines et se détestent. Autant Alice est ambitieuse, conformiste et coincée, autant Gina est artistique, rebelle et égoïste. Leurs vies changent brusquement quand elles tombent malades. L’une d’une maladie chronique, l’autre d’un cancer. Elles se retrouvent obligées de partir ensemble. C’est au cours de ce road-trip qu’Alice et Gina, bagarreuses ou rieuses, dramatiques ou silencieuses, avancent au fil des routes, alternant recherches de thérapies pour Alice et mariages artistiques pour Gina. Une multitude d’aventures les attendent. Bien sûr la cohabitation n’est pas toujours facile et leur chemin pavé d’embuscades. Nos héroïnes vont réussir à se tirer vers le haut mutuellement et apprivoiser leurs maladies tout en restant actives, positives et vivantes.

Portrait de Marina ZiolkowskiFille et petite-fille de scénaristes américains, Marina Ziolkowski apprend très tôt à raconter des histoires, puis étudie pendant cinq ans dans les meilleures écoles d’art dramatique de Paris.

Elle réalise des vidéos expérimentales et fait partie de la sélection EROÏN 2014 dédiée aux réalisatrices françaises émergentes.

Partie vivre à Los Angeles pendant deux ans, Marina y tourne son court-métrage « But You Look So Good » qui obtient plusieurs prix à l’international et le Prix du Public à Paris Champs Elysées Film Festival 2018. Puis elle réalise son deuxième court-métrage « 19 », sélectionné pour le César du Meilleur Court-Métrage 2021, et en compétition dans de nombreux festivals internationaux, dont Bruxelles, Tirana, Toronto.

Elle travaille actuellement sur l’écriture de son long-métrage.

Portrait de Luli BarzmanLuli Barzman étudie le cinéma, la photographie et l’histoire de l’art à UCLA et obtient une maitrise en scénario. Elle enseigne le scénario à l’ESRA et co-écrit un livre sur l’écriture scénaristique (« Introduction au Scénario » Edition Dixit). Luli écrit plusieurs long-métrages dont l’adaptation du Best Seller « Circles in the Forest », « Braille » pour Thierry Lhermitte ainsi que des séries télévisées françaises.

Luli met de côté le scénario pour se consacrer à la réalisation de documentaires sur la danse contemporaine. Ses films sont montrés dans de nombreux musées et lieux prestigieux (Beaubourg, Fondation Cartier, Maison d’Amérique Latine, CND, etc.) ainsi que dans des festivals du monde entier (Milan, Oslo, Montréal, Taiwan, Sao Paulo, etc.). Parallèlement elle poursuit un travail artistique de plasticienne.

Elle revient aujourd’hui à l’écriture avec un scénario qui marie son amour des images et des mots.