UNE DYNAMIQUE CINÉMA EN BRETAGNE

Un laboratoire européen de décentralisation culturelle

En France, il n’échappera à personne que 95% de ce qui concerne le cinéma est installé à Paris. C’est pourtant la pointe Finistère que le Groupe Ouest a choisi pour installer son “laboratoire” au service des talents et du cinéma de demain. Et c’est pour une bonne raison : outre une météo propre à réoxygéner les neurones des scénaristes les plus éreintés, la Bretagne invente depuis pas mal d’années un modèle qui lui est propre.

Sur la lancée des grandes années du Festival européen du film court de Brest, de l’Atelier régional cinématographique (ARC) de Quimper, la Bretagne dispose d’une densité importante de talents tant en matière d’écriture que de mise en scène (en cinéma comme en théâtre d’ailleurs). Après avoir disposé du seul concours régional important en détection de jeunes talents (ESTRAN) capable de produire cinq films de courts-métrages tous les deux ans, la Bretagne est aussi l’une des rares régions françaises hors Paris capable de générer en 2013 (du scénario à la mise en scène en passant par la distribution en salles) quatre films de long-métrage entièrement écrits et produits en région. Et dans le même élan, toute une génération de jeunes techniciens font le bonheur des plateaux de tournages à l’ouest. Et puis côté comédiens, la célèbre école du TNB à Rennes fournit tous les deux ans une nouvelle cuvée de talents hors normes, en même temps que le Finistère comme l’Ille-et-Vilaine disposent de prestataires et de talents de premier plan en post-production (l’université de Brest dispose avec l’ISB en son pour l’image d’une formation proche en niveau de celle de Louis Lumière à Paris).

Un territoire d’expérimentation pour le cinéma

Si l’on tient compte des 200 salles de cinéma de la région, de l’appétence particulière du public de Bretagne pour la culture, de la densité hors norme en festivals et dispositifs associatifs de diffusion jusqu’aux moindres recoins du Finistère. Si l’on tient compte aussi de la très belle densité en talents à Rennes pour la fabrication de films d’animation (Vivement Lundi ! et JPL films ont ramené en quinze ans plus de prix internationaux qu’il n’en faut !), de la force créative de la région du côté du cinéma documentaire (chaque année, Doc’ouest fait de nouveaux émules !). Si l’on tient compte encore de la présence des centres de recherche pour les nouvelles technologies de l’image et du son liés au Pôle Images & Réseaux et à l’IRT B-com, il y a là tous les arguments qui ont achevé de convaincre les créateurs du Groupe Ouest du fait que la Bretagne, tournée vers le Canada, l’Irlande et l’Angleterre, pouvait constituer un territoire laboratoire pertinent pour l’avenir du cinéma français et européen.