Sylvie Ballyot

Portrait de Sylvie Ballyot

Diplômée de la Fémis, Sylvie Ballyot travaille à l’écriture de deux longs-métrages : Beirut Live et Back Home. Ses films précédents (fictions, documentaires et journal intime) creusent des thèmes qui lui sont chers, comme la question du désir, de l’identité, du rapport à la famille. Parmi ces films, Love and words, un documentaire tourné au Yémen, Alice et Tel père telle fille, un moyen et un court-métrage, obtiennent un vif succès dans les festivals.

Back Home

Je m’appelle Judith. J’ai 18 ans. Lui m’appelle « débile », ou « bonne à nothing », avec son accent anglais à trois balles. Je parle mieux que lui, mais je fais exprès de m’exprimer mal pour qu’il me laisse tranquille. Je n’ai jamais compris ce qui s’était fabriqué entre lui mon grand père et ma mère, mais ils se détestent comme j’ai jamais vu des gens se détester, à croire qu’ils aiment ça. Mais moi ma mère, Alice, je l’adore. C’est elle qui m’a permis d’aller à l’école normale, alors que selon les médecins je n’étais bonne à rien, juste à vivoter, ou à crever, et surtout pas capable de mettre une syllabe devant l’autre. A se demander qui sont les vrais débiles…

  © Photo Brigitte Bouillot