Marine Blin

J’ai fini ma formation à l’école de la Poudrière à Valence après un DMA cinéma d’animation à l’ESAAT de Roubaix et une spécialisation en animation 2D à l’EMCA d’Angoulême. Durant mes études j’ai réalisé plusieurs films dont « Nos mains se souviendront » et « L’Empreinte ». J’ai réalisé ensuite « Quartier Libre », court-métrage de commande pour la collection « En sortant de l’école, saison 1 » adapté de Jacques Prévert (Tant Mieux Prod / France Télévisions).
Je fais partie depuis 2015 du studio hellemmois Train Train, où je travaille sur divers court-métrages : « (Fool time) JOB », « L’Ogre », « Birdy wouaf wouaf »… En parallèle je donne des cours dans diverses écoles et travaille de nouveau avec Tant Mieux Prod et France Télévisions sur les saisons 4, 5 et 7 de « En sortant de l’école », accompagnant cette fois-ci de jeunes réalisateurs sur toutes les étapes de production de leur premier court-métrage professionnel.
Je finalise actuellement mon prochain court-métrage, « Ce qui résonne dans le silence », produit par Papy 3D Productions.

Portrait : premier plan, Delphine Maury, arrière-plan, Marine Blin.

L’Ours et l’Ermite

L’ours s’ennuie dans ses buissons de ronces et cherche à se rendre utile. Mais dès qu’il aide un animal de la forêt, il sème la pagaille dans sa vie… « Je fais ce que je peux, mais je n’ai pas de chance ». Le renard pense plutôt que l’ours est affreusement bête et maladroit, c’est aussi simple que cela. Et il le lui dit sans détour.
De son côté, l’ermite a appris bien des choses au cours de sa longue vie et ruminé bien des pensées. Cela fait quinze ans qu’il attend l’élève passionné et intelligent à qui il va pouvoir transmettre tout son savoir… Il propose une formation hautement qualifiée sur un écriteau à l’entrée de son bout de forêt.
Aussi, lorsque l’ours vient se poster devant son annonce – qu’il ne peut pas lire parce qu’il ne sait pas lire – l’ermite lui fait l’article : des cours particuliers de haut niveau, une grotte partagée pour dormir, des repas à préparer ensemble et un diplôme à la fin. L’affaire se conclue dans un enthousiasme qui ravit les deux solitaires.
Très vite, l’ermite comprend que cet élève spécial va lui demander de réviser un peu à la baisse ses ambitions. L’ours ne sait pas faire grand chose mais il est d’une bonne volonté infatigable. Observant passionnément son maître, il reproduit un peu tout de travers, à sa façon et avec une logique déroutante… Il suspend la vaisselle au fil à linge comme le sont les torchons, il pense que la barque va toujours dans la même direction, vers le fond de l’étang, il ne comprend pas bien à quoi servent les règles pour jouer aux cartes… et n’interprète pas toujours très bien les phrases imagées de l’ermite ainsi, « va mettre l’eau sur le feu » ne signifie pas « renverse le seau d’eau sur le feu » mais comment s’en douter ?
Pourtant l’ermite, intelligemment, patiemment, diplomatiquement, méticuleusement va tenter de transmettre ce qu’il connaît à cet ami si avide de savoir. Peu à peu, insensiblement, à force d’indulgences mutuelles – car l’ours trouve aussi que cet ermite n’est pas toujours très sûr de ses méthodes et de son savoir-faire – ces deux êtres que tout oppose vont nouer des liens bien plus précieux que ceux qui unissent un élève à son maître.
Ils vont en toute improvisation, devenir amis.