Eve Duchemin

C’est en apprenant le métier de l’image à l’INSAS (Belgique) dans les années 2000, que Eve Duchemin trouve, caméra au poing, son langage cinématographique.

Très vite embarquée à réaliser des portraits documentaires, elle arpente la Wallonie et filme de vieux mineurs du Borinage et la disparition des usines (Ghislain et Liliane, couple avec pigeons – 2005, Mémoire d’Envol – 2007 pour la RTBF). Elle esquisse ensuite le portrait d’une jeunesse toujours plus précarisée dans Avant que les murs tombent (2009, VPRO), et L’Age Adulte (2012, Arte), primé à Brive en Moyen Métrage, à Nyon, Poitiers et Clermont Ferrand notamment.

En 2009, elle tourne un court-métrage de fiction en 16mm, Sac de Noeuds, sur une histoire de vol de sac à main. Ce film, salué et primé dans les festivals (prix Beaumarchais, prix Le Court qui en dit Long, sélectionné aux Premiers Plans d’Angers etc.) l’encourage à poursuivre la fiction.

Mais c’est en préparant son dernier documentaire, En Bataille, portrait d’une Directrice de prison (2016, Arte, Magritte du meilleur documentaire 2017), que Eve Duchemin, découvre, auprès des détenus avec qui elle travaille, le sujet de sa première fiction : La Vie Mécanique.

La Vie Mécanique

Trois détenus qui ont obtenu leur première permission se préparent à sortir pour le weekend. Hamousin, vieil antillais incarcéré depuis plus de 20 ans, va tenter de reprendre contact avec sa famille qu’il n’a plus jamais revu. Bonnard, la quarantaine, qui supporte très mal son incarcération, va devoir surmonter ses angoisses pour faire bonne figure devant son jeune fils, un ado qu’il connait à peine. Quant à Dembélé, un petit jeune des quartiers populaires, il n’a qu’une idée en tête : profiter le plus possible de son weekend pour faire la fête. Mais dehors, chacun va réaliser qu’ils n’ont que 48 h pour reprendre contact avec la vraie vie et avec leurs proches dont l’existence a été bouleversée depuis leur arrestation. Et que chaque minute compte.
S’il n’est pas si simple de sortir, il est encore plus compliqué de rentrer.

© Photo Alex Dossogne